Flyer de l'exposition Dans le rêve d'une ville Crédits : Natalina Micolini
22 Jan 2015

LA GALERIE DE L'IMPASSE 
Expositions Janvier 2015 
Natalina MICOLINI 

 

DANS LE RÊVE D'UNE VILLE

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Natalina Micolini tout au long de ses séries picturales précédentes (les arbres, les mégalithes…) parle de l’humain et plus précisément, bien qu’il n’y soit pas représenté, parle de sa chair, de sa carnation ; mais non pas de sa surface mais plus de son essence même, de ce qui la fait vibrer, de sa profondeur.

NM, par sa science picturale –finesse des transparences, subtilité des glacis, moirage des surfaces, équilibre des formes…- humanise profondément les thématiques souvent minérales qui l’inspirent.

Dans l’exposition actuelle il s’agit de structures architecturales, bien sûr on peut y retrouver des lieux lyonnais connus, la ville y est présente en tant qu’entité précise : fouillis orthogonal des pentes de la Croix-Rousse, labyrinthe des toits du Vieux-Lyon, perspectives diluées des quais, tension des ponts ou des passerelles, mais mettre un nom sur les lieux n’est pas son objectif, c’est la peinture qui est avant tout présente : le geste, la rigueur des compositions, le choix des cadrages et bien sûr la gamme colorée aux accords souvent surprenants et dont la douce stridence suggère un univers calme et cependant légèrement inquiétant.

La ville est vide d’humain mais totalement « habitée », elle est une invite à la déambulation paisible et mentale où les formats souvent de tailles réduites ou moyennes, se présentent comme des fragments d’une méditation, d’une sorte de rêve éveillé. Nous sommes plongés dans une atmosphère pleine de tendresse, souvent des ambiances éblouies d’une lumière puissante où l’on sent aussi, dans les ombres violettes, qu’une forme de douce angoisse rôde.

Et puis d’un coup, la ville éclate et, dans un grand format polyptique, fragmenté et mosaïcal, coloré et ludique, NM nous invite à créer notre propre ville ; dans une sorte d’installation plane interactive, elle aide chacun à recréer son propre univers urbain dans une grande œuvre métonymique.

NM, qui n’a de cesse d’expérimenter l’acte de peindre, nous entraîne dans son univers éminemment sensuel et poétique, dans des visions humanistes qui manient, dans des alchimies toujours subtiles, les grandes dualités de nos mondes intérieurs.

NUMA-DROZ
Octobre 2014


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« Le miroir »

Extrait de « Poèmes de la presqu’île, 1962 »

Ville aveuglée à moins que ne la montre
A soi une rivière
Elle tire partage de l’eau
Et s’assied chez soi sur les berges
Un côté garde l’autre ils s’opposent et se voient
La rive se reflète en l’autre
Et chacune soi-même en le fleuve
Lui la dédouble et ainsi la redouble
Et permet qu’elle se connaisse

Michel Deguy 

Poèmes 1960-1970
préface d’Henri Meschonnic, nrf, Poésie/Gallimard »

 

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Elle caresse la ville
comme dans un songe
Le fleuve aux doux reflets
glisse vers un infini lumineux.

Du Bleu brumeux
à la tendresse du Vert
le Rose traverse l’espace
parsemé de brisures Garance.

Rouge des toits
Pourpre majestueux
Des ponts et des ombres

Vibrations mélodiques…
nous entraînent
dans des ruelles étroites
et invitent à musarder

...Toujours vers l’imprévisible
Là où le cœur bat
et murmure.

M.M.
Octobre 2014


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DIALOGUE IMAGINAIRE AVEC LE PEINTRE

 

Le regardant : Madame, je voudrais vous dire… Cette ville, enfin ces morceaux de ville que vous nous donnez à regarder, je pense que... Enfin, j'ai l'impression que nous avons dû nous croiser…  Ici, là peut-être, quelque part sur une rive ou près de la roue !    

N. le peintre : Heu oui… Peut-être… Vous semblez bien connaître cette ville dites-moi… Diriez-vous que mes représentations vous accompagnent dans...

Le regardant : Dans une déambulation… C'est curieux, voyez-vous, mais ce « Palazzo mentale » que  vous nous offrez, c'est comme si c’était le mien.  

N. le peintre : Que voulez- vous dire, exactement ?       

Le regardant : Que je m’y sens comme chez moi. Peut-être à cause de cette transparence si totale, de ces glacis inouïs que l'homme, inexistant, privé de son reflet aurait déserté depuis longtemps… Et  puis  il y a cette confluence si singulière et propre à cette grande ville… Vous avez dû la peindre inlassablement pour obtenir cette infinie transparence ? 

N. le peintre : J'ai beaucoup observé et beaucoup ré-imaginé. Oui j'ai privé cette étude de toute présence humaine et même animale. Cela me paraissait nécessaire pour m'approprier chaque lieu,  et à des moments différents

Le regardant : Vous voulez dire que chaque fragment est inaccessible, qu’il nous  est   impossible de nous y rendre ! Seul notre imaginaire est convoqué ! Vous avez aboli le temps et revisité autrement l'espace… Vous pensez que cette transparence si dense nous libèrerait d'une réalité sauvage ?

N. le peintre : Peut-être… Mais ce que je désirais surtout en choisissant ce thème c'était recréer, en plusieurs tableaux, la ville où je réside depuis si longtemps, comme une cité idéale et imaginaire qui prendrait corps au fil de mes émotions et qui m'habiterait ....

Le regardant : Oui je vous suis dans cette démarche et je veux vous dire combien votre œuvre fait résonance en moi, en mon propre imaginaire et combien je suis affecté  par la qualité et la profondeur de ce que vous nous offrez dans cette exposition, tant du point de vue de la composition que de la technique et des  pigments insensés qui se percutent les uns les autres dans une féérie  de couleurs. Avant de vous quitter je voudrais, devant cette grande œuvre construite de cent carrés détachés vous interroger sur un constat que je me fais : ce flux de pigments garance qui traverse en diagonale ce travail original, ne pensez-vous pas qu’il annonce des souffrances proches, comme ces grands fleuves endormis qui pourraient bien se réveiller un jour et charrier les colères et les douleurs des hommes ? 

N. le peintre : Là n’était pas vraiment mon intention… Mais, maintenant que vous me le dites… Pourquoi pas, après tout ?

F.R.
Janvier 2015 

Natalina Micolini

Artiste peintre

A propos de l'artiste

Si mon envie de peindre a toujours été présente, il m’a fallu composer pour gagner ma vie, pour finalement devenir graphiste et réaliser des livres pendant de nombreuses années.

Parallèlement à cette vie professionnelle riche de multiples rencontres, souvent en relation avec l’art, je suis parvenue à me consacrer pleinement à la peinture jusqu’à pouvoir le faire aujourd’hui en toute liberté. Je rends ici hommage à Salvatore Gurrieri qui aura sans doute été la rencontre artistique déterminante de ma vie et qui m’a aidée à m’engager sur ce chemin.Lire la suite

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